On l’appelait Bennie Diamond de Michael Dichter, 2026, Les Léonines
Anvers, années 70, 80. Bennie Goodman est le petit-fils de Moshe, tailleur/retoucheur et le petit-fils de Yehuda, puissant diamantaire qui a coupé les ponts avec son fils et son petit-fils.
Bennie est plus attiré par le milieu des diamantaires que par la synagogue ou l’atelier de couture où travaille son père. Un jour Moshe montre à son fils, comment on taille un diamant et ce dernier éclate et entaille, la joue de Bennie, juste sous l’œil, un éclat qu’on ne pourra pas lui retirer et dont il garde la trace toute sa vie.
Dans ce premier roman Michaël Dichter décrit l’ascension d’un jeune ambitieux dans le milieu fermé et très codifié des diamantaires d’Anvers. Comment Bennie Goodman devient Bennie Diamond. Tout y est : l’histoire d’amour avec l’être qui ne vous est pas destiné, la trajectoire fulgurante d’un ambitieux qui frôle toujours la chute, le mystère des liens familiaux, le contexte du sort des Juifs d’Europe de l’Est à travers l’histoire de Yehuda.
On suit Bennie depuis les ateliers de taille, où triment des ouvriers spécialisés jusqu’au temple du diamant, celui de la bourse d’Anvers où n’entre pas qui veut. On passe en revue toutes les activités liées au diamant : achat, vente, courtage, taille.
Les personnages sont un peu stéréotypés : le grand père Yehuda en parrain redouté, le père effacé et pieux, et dont Bennie découvre l’humanité sur le tard. Les personnages de femmes sont un peu bâclés. On reste sur sa fin à propos de la fuite de Yehuda depuis la Pologne. Mais on ne boude pas son plaisir d’un livre, plein de rebondissements. Bref, un roman bien écrit, de la littérature classique qui nous fait entrer dans un univers qu’on ne connaît pas forcément.
Lauréat 2026 du Grand prix RTL Lire et du prix Page des Libraires 2026, Michael Dichter est scénariste et réalisateur. On l’appelait Bennie Diamond est son premier roman.

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