Les fantômes de Shearwater de Charlotte McConaghyTraduit de l’anglais (Australie) par Marie Chabin – Gaïa – Actes Sud
Une belle histoire familiale dans un environnement hostile et beau à la fois avec la perspective de la survie de l’humanité : Shearwater est un livre addictif. Merci à la librairie Mazette pour cette découverte.
Shearwater est une île perdue au milieu de l’océan austral. Une île de 120 km2 « essentiellement composée de mousses et de lichens et plus de quarante-cinq espèces végétales vasculaires« . Shearwater abrite quatre-vingt mille otaries ainsi que la dernière colonie au monde de manchots royaux et plus de trois millions d’oiseaux marins nicheurs. Enfin, elle est le seul endroit au monde où le manteau terrestre se soulève et se retrouve exposé. Dominic Salt y vit seul avec ses trois enfants : Raff, Fen et Orly. Les deux premiers sont des ados et Orly un petit garçon de 9 ans.
Une Réserve mondiale de graines
Dominic et ses enfants sont les gardiens de la plus grande banque de graines au monde. À Shearwater, les pays du monde entier ont envoyé les graines nécessaires à la survie de l’homme pour les stocker. Une équipe de scientifiques était venue sur l’île pour sélectionner et trier toutes les graines. On devine qu’au-delà de cette île, le monde est peut-être en train de sombrer.
« La Réserve mondiale de semences de Shearwater a été construite pour résister à toutes les sortes d’attaques du monde extérieur ; sa fonction était de survivre à l’espèce humaine, de continuer d’exister au cas où un groupe d’individus devrait un jour recréer à partir de zéro la chaîne alimentaire qui nous nourrit. » (page 21)
Un soir de tempête, la famille Salt sauve de la noyade une femme, Rowan, qui tentait de rejoindre l’île sur une embarcation dont le pilote est mort. Qui est cette femme ? Que vient-elle faire sur cette île magnifique et inhospitalière et dont on apprend qu’elle sera bientôt submergée ?
Un quatuor incassable
Progressivement, on comprend quels sont les liens de Rowen, la naufragée, avec Hank, le responsable de la mission scientifique. Il a quitté l’île en laissant son passeport (est-ce-la vérité ?). Rowen va s’attacher à cette famille particulière qui vit en osmose avec l’île. Elle sent qu’ils cachent un secret.
Les trois enfants, très attachés à l’île et à leur père, font toujours preuve de courage. Fen vit seule sur la plage au milieu des otaries et des lions de mer. L’eau est son élément : c’est elle d’ailleurs qui va sauver Rowen de la noyade. Raff est un musicien, violoniste. Il souffre d’un chagrin d’amour récent. Et Orly est un merveilleux petit garçon, sensible, très intelligent. Il a acquis sa connaissance des graines auprès de Hank, le chef de la mission scientifique. Ses descriptions botaniques sont pleines de poésie.
« Nous avons façonné un quatuor incassable » résume Dominic pour expliquer comment ses enfants et lui ont survécu à la mort de sa femme.
Tous n’ont que quelques semaines pour sauver les graines conservées dans un labo menacé d’engloutissement et avant qu’un bateau ne vienne les chercher. Et Rowen pour découvrir ce qu’est devenu Hank et pourquoi Fen dort sur la plage au lieu de rester dans le phare avec sa famille.
Les trois bonnes raison de lire Shearwater
- Si on aime les thrillers, les romans d’aventure, le livre vous tient scotché dès le début.
- Quand on aime la nature, la dimension écologique d’une aventure, cette lecture est une mine d’informations sur la végétation, les animaux (j’ai appris ce qu’était le wombat, un mignon lémurien) et leur préservation. J’ai été très touchée par la merveilleuse scène du sauvetage d’une baleine et de son baleineau échoués (p.218). Les efforts surhumains que le groupe fait pour les remettre à l’eau et comment la baleine manque de les tuer (sans intention de le faire) et pivote au dernier moment pour les épargner. Pour la façon poétique dont Orly explique le principe vital des plantes (p.230). Pour l’histoire de l’arbre-dinosaure (p.271). Et pour l’esprit de solidarité des wombats (lémuriens tout mignons qui font des « crottes cubiques« ) avec les autres animaux (p.355).
- Parce que c’est une belle histoire familiale.
L’auteure, Charlotte McConaghy explique s’est inspirée de son séjour dans l’île de Macquarie qui abrite une station scientifique.
Scénariste de formation, Charlotte McConaghy est une autrice australienne âgée de 38 ans. l’autrice d’un précédent titre, Migrations (Lattès, 2021), traduit dans une vingtaine de langues. Elle vit à Sydney, en Australie. Je pleure encore la beauté du monde a figuré dans les classements des meilleures ventes du New York Times, du Washington Post et du Los Angeles Times.

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