Sur ma route – Ma vie avec Neal Cassady, Jack Kerouac, Allen Ginsberg et les autres – de Carolyn Cassady – 10/18 – 1990 – traduit de l’américain par Marianna Véron (2000 pour la traduction française)
J’ai adoré découvrir ce libre qui dormait dans ma bibliothèque depuis quelques années. L’envers du décor du célèbre roman de de Jack Kerouac, Sur la route (1957).
Carolyn Cassady (1923-2013) était la femme de Neal Cassady, le meilleur ami de Jack Kerouac, dépeint sous les traits de Dean Moriartry dans Sur la route. Carolyn le décrit comme un homme très séduisant, fantasque, aventurier. Il séduit Carolyn dès leur première rencontre. Rien ne la prédisposait à vivre avec un homme tel que Cassady. Issue d’une famille catholique de la classe moyenne, Carolyn se destinait à des études artistiques. Sa vie avec Neal, la naissance de ses trois enfants, vont tout bouleverser.
Ce qui est frappant dans ce livre, c’est l’incroyable liberté dans laquelle vivaient ces Californiens des années 50. Surtout les hommes, évidemment. Neal apparaît et disparaît régulièrement, ramène ses maîtresses à la maison (malgré sa jalousie, Carolyn a toujours de la compassion pour ces femmes maltraitées par Neal), et finit plusieurs fois en prison. Cependant il travaille durement, accepte des emplois difficiles pour nourrir sa famille. Neal est aussi un bon père mais un père dont la liberté exige qu’il rejoigne régulièrement la bande des « clochards célestes », Kerouac, Ginsberg et les autres, pour prendre la route, faire la fête, …Neal voyage d’un bout à l’autre des USA, parfois dans des conditions et des véhicules incroyables. Carolyn pourrait en vouloir à Neal, le discréditer mais elle l’aimait profondément et le respectait. Elle raconte aussi ses relations avec Kerouac avec qui elle a et une liaison, et Neal aura le culot de manifester sa jalousie !
Avec Sur ma route, on se plonge aussi dans un milieu intellectuel propre à cette époque. Si Neal est ouvrier pour gagner sa vie, c’est aussi un poète, un lecteur, un amateur de littérature européenne : on parle souvent de poésie, de Proust et de Balzac. Tous forment un groupe étonnant, au charme fascinant et déroutant. Les enfants de Carolyn et Neal forment une troupe aimée de leurs parents, appréciée de leurs amis et qui ont dû vivre une incroyable expérience au contact de ces personnages, et toujours protégée par leur mère Carolyn.
Encore une histoire d’amour qui finit mal mais j’ai adoré ce livre qui m’a donné envie de relire Sur la route.

