Job – Roman d’un homme simple de Joseph Roth

nouvelle traduction (2012) de l’allemand par Stéphane Pesnel – Editions du Seuil


Job, Roman d’un homme simple raconte le destin d’une famille juive qui vit en Galicie, une région d’Europe de l’Est aujourd’hui partagée entre la Pologne et l’Ukraine.
Mendel Singer est un humble maître d’école qui enseigne les principes de la religion juive à une poignée d’élèves. Job et sa femme, Rebecca,ont quatre enfants : Jonas et Schemargah, les deux fils aînés, une fille, Mirjam et un petit dernier, Menuchim, qui ne sait ni marcher, ni parler, à l’exception d’un seul mot : Maman.

Il y a de nombreuses années vivait à Zuchnow un homme qui avait pour nom Mendel Singer. Il était pieux, craignait Dieu et n’avait rien d’exceptionnel, c’était un juif tout à fait ordinaire. Il exerçait le modeste métier de maître d’école. Dans sa maison qui se composait uniquement d’une vaste cuisine, il transmettait à des enfants la connaissance de la Bible. Il enseignait avec une ferveur sincère et sans obtenir de résultats spectaculaires. Avant lui, des centaines de milliers d’hommes avaient vécu et enseigné de la même manière que lui.

Les deux fils aînés de Mendel sont appelés à la guerre (conflit entre le Japon et la Russie) : l’un s’enfuira en Europe puis en Amérique, tandis que l’autre partira au combat.
Mirjam batifole avec les cosaques, l’école est vide,…Poussé par Déborah, Mendel décide de rejoindre l’Amérique pour retrouver son fils qui maintenant s’appelle Sam. Seul Menuchim n’est pas du voyage, confié à des voisins. Pour Déborah c’est un déchirement. Mendel a l’espoir de réussir à faire venir un jour Menuchim dans le nouveau monde.
La vie en Amérique est une épreuve pour l’humble Mendel qui finit par se retrouver presque seul, vivant dans un dénuement volontaire. Mais un jour la vie de Mendel va être bouleversée par les nouvelles qu’il reçoit de Menuchim.

Job dresse aussi le tableau de la façon dont vivaient les communautés juives d’Europe Centrale avant la Première Guerre mondiale. Les Singer ne sont pas aussi pauvres que ceux décrits par Albert Londres dans ses reportages sur les shtetl, réunis sous le titre « Le juif errant est arrivé« , paru en 1929. Des reportages réalisés en Angleterre, en Pologne et à Jérusalem. J’avais été frappée par la misère qu’Albert Londres décrivait, notamment celle des communautés villageoises d’Europe centrale.

Au-delà du thème de l’exil, de la relation d’un homme avec Dieu (Job est un personnage biblique dont la foi est mise à l’épreuve par Dieu), ce livre nous parle de notre humanité.

J’ai été très émue par la lecture de ce livre, une sorte de conte porté par l’humilité et l’humanité d’un homme.

Car il existe toujours un livre à découvrir

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