Le Chant du Prophète – Paul Lynch – traduit de l’anglais (Irlande) par Marina Boraso – 293 pages – Albin Michel
Un livre que l’on devrait lire d’une seule traite, tant il donne le sentiment d’avoir été écrit dans un souffle ininterrompu.
Pas de répit pour Eilish Stack depuis le moment où des hommes de la police secrète frappent à sa porte, demandent à parler à Larry, son mari syndicaliste enseignant, jusqu’au moment où elle se retrouve en Angleterre avant de traverser la mer.
Entretemps son pays, l’Irlande, s’est transformé en dictature ultra répressive. Tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement sont pourchassés et enfermés. Eilish, son mari et ses quatre enfants paient un prix lourd à cette situation de guerre civile. Paul Lynch nous entraîne dans un récit où une démocratie bascule dans le totalitarisme.
Eilish va-t-elle utiliser la porte de sortie que lui propose sa soeur qui vit au Canada ? Comment « évacuer » Simon, son père, qui perd la tête ? Qu’est devenu son fils aîné qui s’est engagé dans le combat clandestin ? Autant de questions qui maintiennent l’angoisse tout au long du livre.
Est-il bien nécessaire de souligner à quel point ce livre nous plonge dans une réalité qui ressemble à celle que nous voyons chaque jour se développer sous nos yeux ?
Cité par les éditions Albin Michel, le Washington Post analyse ainsi Le Chant du Prophète : « Cette dystopie est exactement ce dont nous avons besoin pour sortir de notre complaisance, de cette illusion réconfortante selon laquelle le fascisme surgirait toujours loin de nous, dans l’espace comme dans le temps. » Je souscris totalement à cette analyse.
Le Chant du Prophète a été récompensé par le Booker Prize 2023 et Le Prix des libraires 2025 du roman étranger.
« La fin du monde est toujours un événement circonscrit, elle arrive dans votre pays et frappe à votre porte, mais elle n’est pour les autres qu’une vague menace, un bref compte rendu dans un bulletin d’information, l’écho d’événements transformés en récit.«

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