Auteur : isacosta2013

  • Héléna

    Héléna

    de Jérémy Fel, Rivages

    Décidément, je ne suis pas faite pour les thrillers, romans noirs, etc. J’assume mais je ne renonce pas.

    Héléna avait tous les atouts pour me séduire : un auteur qui maîtrise à la perfection les codes du genre, un univers américain recréé par la plume d’un auteur européen (Jérémy Fel est un fan de littérature américaine), une structure dramatique irréprochable, une grande maîtrise dans l’art de distiller la peur (oui, oui, j’ai eu peur) et une couverture intrigante et très belle. Pourquoi, malgré toutes ces qualités, n’ai-je pas apprécié de livre ? Mystère. Je crois que j’ai de plus en plus de mal à supporter la lecture de scènes de violence, de maltraitance envers les enfants, etc. Et puis j’ai le sentiment que ce genre exploite toujours les mêmes thèmes avec, parfois, un sadisme gratuit.

    Je résume. Norma vit seule avec ses trois enfants dans une maison paumée, à proximité d’une petite ville du Kansas. Il fait chaud, très chaud, dans le Kansas, ce qui contribue à l’atmosphère poisseuse du livre.

    Trois enfants nés de trois pères différents.

    Graham, l’aîné, est le fils du grand amour de jeunesse de Norma, mort tragiquement. Graham est un garçon parfait. Il hésite à quitter sa famille pour aller poursuivre ses études à New-York et marcher dans les traces de son poète de père.

    Tommy est un psychopathe (il nous apparaît ainsi dès la scène d’ouverture du livre), qui torture et tue des animaux…Il est le fils d’un homme violent que Norma a épousé et suivi dans ce trou du Kansas. Cet homme est mort et nous apprendrons comment…

    Et puis voici Cindy, petite fille née de père inconnu, que sa mère voue aux concours de « mini-miss ». Cindy va subir un sort tragique à cause de…

    Hayley, jeune fille de « bonne famille », superficielle et cochant toutes les cases de la jeune fille de la classe moyenne aisée : ennui, addictions, soirées alcoolisées. Hayley se prépare, mollement, à un tournoi de golf quand le hasard d’un panne de voiture va l’amener chez Norma où elle va se retrouver coincée pour le pire. S’ensuivent des péripéties horribles : Tommy agresse et séquestre Hayley qui réussit à s’échapper avec l’aide de Graham. Avant de s’échapper Hayley commet un acte monstrueux contre la petite Cindy qui en portera les marques pour le reste de sa vie. Norma tente au départ de protéger Hayley avant de choisir finalement de protéger la monstruosité de Tommy puis de se venger.

    Mais qui est Héléna ?

    L’enchaînement est réussi : on tremble. Progressivement, on apprend pourquoi Hayley vit seule avec son père, qui était sa mère, qui était vraiment le père de Tommy et ce qu’il a fait subir à son fils, etc. Chaque personnage – hormis Graham – possède une double face qui fait osciller le lecteur du dégoût à l’empathie et inversement.

    Héléna, qui donne son nom au livre, n’apparaît qu’à la fin. Elle est censée donner une clé de compréhension à cet enchevêtrement de fureurs mais, sincèrement, cela m’a complètement échappé.

  • La somme de nos folies

    de Shih-Li Kow, Editions Zulma, traduit de l’anglais (Malaisie) par Frédéric Grellier

    Voici un roman délicieux (pour parler comme Jean d’O) qui vous assure un dépaysement bienvenu. L’auteure, de la communauté de chinoise de Kuala Lumpur (Malaisie), écrit en anglais. En 2018, elle a reçu le Prix du premier roman étranger.

    Les couvertures de Zulma sont toujours un bonheur.
    Celle-ci est signée David Pearson

    La ville où l’eau est un problème

    La somme de nos folies nous emmène à Lubok Sayong, une petite ville de 10 000 habitants au nord de Kuala Lumpur. Une ville « où l’eau est un vrai problème, simplement parce qu’il y en a trop« . En effet, dans ce décor de lacs et de montagnes, les inondations sont fréquentes. Un lieu où débarque donc régulièrement des équipes de secouristes bénévoles dont les habitants se moquent, des politiques et quelques touristes amateurs de pêches. Dans une Malaisie à majorité musulmane, Lubok Sayong regroupe une société multiculturelle « avec une école malaise, une école chinoise, une école tamoule et un pensionnat chrétien pour jeunes filles ».

    L’histoire est racontée à deux voix : celle d’Auyong, le directeur de la conserverie de litchis, au ton distancié, drôle et légèrement ironique, et celle de Mary Anne, âgée de 11 ans au début de l’histoire, et qui vient du foyer méthodiste St Mary à Kuala Lumpur. Le troisième personnage important de cette histoire est Beevi, l’amie bourrue d’Auyong, qui possède un drôle de poisson « un machin bizarre. Très laid avec un museau de chien. » Beevi finira par le relâcher dans « le lac de la quatrième épouse ». Ce poisson, légèrement monstrueux causera la mort d’un touriste américain quelque temps plus tard.

    Les destins d’Auyong, Beevi et Mary Anne vont se croiser le jour où cette dernière quitte le pensionnat St Mary pour une nouvelle vie avec Assunta et son mari, ses « sponsors » (et non des parents adoptifs). Un accident de voiture, provoqué indirectement par Mary Anne et une vache va mettre fin à une vie de famille à peine débutée : les « sponsors » meurent et Mary Anne est défigurée. Sauf que Assunta était la demi-soeur de Beevi et que celle-ci va recueillir la fillette et l’emmener dans la Grande Maison.

    La maison d’un homme « inconcevable »

    Cette « Grande Maison » appartenait à Saïd Hameed, le père de Beevi, un homme aux multiples femmes dont quatre officielles. « C’était un homme inconcevable » décrit Beevi qui affectionne cet adjectif, « un homme très laid, croisement d’une chèvre et d’un singe ». La Grande Maison est « une forteresse de briques rouges, comme un géant de pierre, avec ses quatre hautes tours aux quatre angles, chacune dans un style et une couleur différentes. » On comprend que chacune de ces tours représente un hommage à l’une de ces quatre femmes « officielles ». Beevi et Mary Anne vont créer des chambres d’hôtes dans cette drôle de maison et apprendre à vivre ensemble. Mary Anne se partage entre l’école et la gestion de la Grande Maison avec celle qu’elle appelle désormais Mami Beevi, sous le regard protecteur d’Auyong.

    Tout autour, gravitent des personnages non conventionnels ou à la limite du fantastique. Tel le mystérieux garçon qui vit sous terre, au fond du jardin. Est-il l’enfant de Violette, la dernière et très jeune femme de Saïd Hameed ? Et quel est le lien qui relie Mary Anne et Violette ? La jeune fille a toujours imaginé sa mère sous les traits d’une star d’Hollywood. Voilà bien des mystères dans cette Grande Maison.

    La réalité de la société malaisienne avec sa « police des moeurs »surgit à travers le personnage de Miss Boonsidik, « moitié thaï et moitié malais qui flirtait avec les hommes sans s’en cacher. » Après avoir subi la violence des autorités pour avoir défendu les « lady-boys » – maltraités en raison de « leur côté féminin » dont « il faut les purger à force de prêches religieux et d’exercices physiques » – Miss Boonsidik deviendra l’égérie du Freedom Festival, un événement annuel qui attire à Lubok Sayong les lady-boys du monde entier, dans un pays où sévit une police religieuse….

    Un roman qui flirte toujours avec le magique et dont la lecture renvoie l’image réconfortante d’une petite communauté liée par des événements « inconcevables » dans une enclave encore protégée du tourisme de masse et des fureurs de la grande ville.

  • Becoming

    Becoming

    Michelle Obama

    Crown, N.Y. (edition US), Fayard (édition française)

    La vie de Michelle Obama est un véritable destin à l’américaine : celui d’une femme noire issue de la classe moyenne de Chicago, qui poursuit d’excellentes études de droit à Princeton, entame une carrière d’avocate dans un grand cabinet et, par les hasards d’un mariage, se retrouve à passer 8 ans de sa vie à La Maison Blanche.

    La famille est une valeur essentielle pour Michelle Robinson-Obama. Elle a été élevée dans un foyer chaleureux par des parents très aimants auxquels elle rend hommage tout au long de son témoignage : « Il y a encore tant de choses que j’ignore au sujet de l’Amérique, de la vie, et de ce que l’avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m’a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m’ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l’histoire de notre pays. »

    Fraser Robinson a effectué toute sa carrière au sein de la compagnie des eaux de Chicago. Il ne s’est jamais arrêté de travailler, alors qu’il souffrait d’une sclérose en plaques dont il est mort à l’âge de 55 ans, un an avant le mariage de Michelle et Barak Obama. Malgré la pression de ses enfants et de sa femme, il ne voulait pas se faire soigner en raison du coût que cela risquait d’engendrer pour sa famille. Les passages où Michelle Obama parlent de son père sont d’ailleurs très émouvants.

    De Princeton à la Maison Blanche

    Michelle Obama a vécu une enfance et une jeunesse heureuses. Mais tout au long de son récit elle donne le sentiment de sans cesse rechercher une sorte de légitimité : quand elle intègre Princeton puis ce grand cabinet d’avocats de Chicago (qu’on imagine aisément tel que dans les séries américaines). On la sent beaucoup plus attirée par les problématiques sociales que par les fusions-acquisitions. Elle quitte les avocats pour rejoindre les services de la Ville de Chicago puis ceux d’un hôpital dans lequel elle est chargée de l’amélioration de l’accueil des patients. Son passage de 8 ans à La Maison Blanche est aussi un témoignage de ses engagements : tout le monde se souvient du potager qu’elle a réussi à créer dans les jardins de la Maison Blanche (non sans quelques difficultés) et des actions qu’elle a lancées pour faire bouger les jeunes et lutter ainsi contre le problème de l’obésité qui touche, en priorité, les populations les plus défavorisées. Elle a aussi beaucoup agi pour la réinsertion des vétérans dans la vie professionnelle.

    Barak en arrière-plan

    Les coulisses des deux campagnes sont évidemment deux moments forts de ce livre. On se demande d’ailleurs comment Michelle et Barak Obama ont pu résister, physiquement, à ces « méga marathons » dans lesquels ils ont dû parfois entraîner leurs deux filles, Sasha et Malia. Barak Obama est présent dans le livre mais plutôt comme une silhouette évidente en arrière-plan, imposante sans être écrasante. Michelle Obama ne livre pas de confidences mais des petites touches de la vie privée à la Maison Blanche apparaissent ça et là. La First Lady a eu du mal à accepter, au départ, la présence constante des services de sécurité, les entraves à la liberté de se déplacer. Ses filles semblent parfois mieux accepter la situation. Michelle Obama a toujours le souci de les préserver tout en les aidant à faire face à leurs « obligations » de filles du président : quand il s’agit de côtoyer Beyoncé, pour des ados, c’est forcément plus facile…

    Conversation avec la reine

    Outre la profession de foi d’une femme engagée, M. Obama nous livre aussi quelques anecdotes qui font aussi l’intérêt de ce genre de témoignage. Exemple, de quoi parle-t-on avec la reine d’Angleterre quand on s’ennuie ensemble dans une réunion internationale ? De chaussures inconfortables. Le décor : Michelle Obama en Louboutin et la reine guère mieux lotie. Il en résulte un échange sur les difficultés à se chausser de manière élégante et confortable et une complicité mal interprétée par les gardiens du protocole (et par ceux qui ne ratent pas une occasion de critiquer le comportement de MO) quand Michelle prend la reine par l’épaule ! (nul n’a le droit de toucher la reine). J’ai bien apprécié aussi le passage où MO raconte à quel point ses pieds ont gelé lors de la première intronisation de Barak Obama : il fait très froid à Washington au mois de novembre et la cérémonie est très longue ! Aussi, lors de la seconde intronisation de son mari, a-t-elle demandé qu’une rampe de chauffage soit installée à hauteur de pieds : j’espère que Mélania Trump lui en est reconnaissante !

    Que retenir de ce témoignage largement médiatisé ? Je dirais la difficulté à se positionner en tant que « première dame » quand on est une femme indépendante qui a déjà prouvé ses compétences professionnelles. Michelle Obama a réussi, c’est sûr, à imprimer sa marque . Je retiens aussi les grandes difficultés auxquelles elle a été confrontée, avec son mari, en tant que premier « couple noir » a accéder à la Maison Blanche : ces difficultés sont évoquées sans être surlignées. Tout au long des deux mandats de Barak Obama ces faits ont été commentés mais, grâce au récit de Michelle, on les vit de l’intérieur.

    J’ai lu ce livre en version originale car il m’a été offert dans cette édition. Je pense qu’elle est tout à fait abordable pour qui a une pratique régulière de l’anglais (pas besoin d’être bilingue).

    Le coeur battant de nos mères

    de Brit Bennett, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

    Le hasard de mes lectures a fait que, peu de temps après Becoming, j’ai lu Le coeur battant de nos mères de B. Bennett. L’histoire d’une jeune fille de la communauté noire de Oceanside, banlieue de San Diego (Californie). Le destin de Nadia, 17 ans, s’écrit quand elle décide d’avorter.

    La mère de Nadia vient de se suicider. La jeune fille vit seule avec son père, très impliqué dans une communauté religieuse protestante, Le Cénacle. Nadia vit une brève aventure avec Luke, le fils du pasteur, d’où cette grossesse accidentelle et un avortement dont les frais sont payés par la famille de Luke.

    Nadia, marginalisée par sa situation familiale, son secret, et sa forte personnalité, va quitter Oceanside pour poursuivre ses études dans le Michigan puis en Europe. Elle change de monde. Quand elle revient dans sa ville natale, c’est pour assister au mariage de sa meilleure amie Aubrey (qui elle aussi vit une situation familiale bouleversée) avec…Luke. Nadia n’a jamais révélé son secret à Aubrey…

    Un livre qui pousse à s’interroger. Faut-il se libérer du poids de sa communauté pour vivre ? Cette même communauté qui donne de la force dans un environnement hostile, est-elle aussi un lieu d’enfermement ? C’est un beau livre dans lequel, je le reconnais, j’ai eu du mal à entrer. Je ne regrette pas d’être allée jusqu’au bout de ma lecture. Un livre qui traite avec pudeur des relations entre un père et sa fille, dans un contexte lourd marqué par le mystérieux suicide de la mère. Et aussi une belle histoire d’amitié entre Nadia et Aubrey.

  • La loi de la mer

    de Davide Enia, traduit de l’italien par Françoise Brun

    Lampedusa, une île au large de la Sicile dont le nom évoque pour nous tous le malheur de ces milliers de personnes qui viennent s’y réfugier ou qui meurent au large de ses côtes. Davide Enia, écrivain et dramaturge italien, s’est rendu à plusieurs reprises sur l’île de Lampedusa pour y rencontrer des habitants, des rescapés, des secouristes, des amis, tous témoins de ces tragédies qui durent depuis plus de 20 ans. La loi de la mer est un récit (c’est présenté ainsi) qui prend parfois des airs de roman.

    « En mer, pas d’alternative, chaque vie est sacrée et on aide ceux qui en ont besoin. Point », telle est la loi de la mer que décrit un plongeur de l’île, devenu secouriste sous l’effet des circonstances. Enoncée d’un ton bourru, cette loi si humaine s’applique aussi sur l’île, quand les habitants sont confrontés à l’arrivée massive de personnes, rescapées des eaux. Certaines y posent un pied juste pour y mourir.

    Davide Enia se rend souvent sur l’île chez ses amis Paolo et Melo qui lui racontent comment les habitants de l’île, une fois passé le premier réflexe de peur, sont devenus des secouristes, sont allés au-devant des migrants. En parallèle du récit, D. Enia livre une partie de son histoire familiale. Il a demandé à son père de l’accompagner sur l’île. Cardiologue en retraite, photographe amateur, ce père laisse toujours une « distance clinique » entre ses proches et lui, entre ce qu’il photographie et lui. A la différence de son fils et de ceux qui sont au contact direct de la souffrance. En témoigne ce qu’il décrit après avoir assisté à une scène de débarquement : « Assister, même de loin, au débarquement, c’était intéressant…non « intéressant » c’est trop limité. C’était une expérience très forte, mais vécue de l’extérieur, de l’autre côté de la grille. Physiquement, j’étais loin. »

    « Cinq pierres tombèrent dans le lac de mon coeur… »

    Nous emmener de l’autre côté de la grille, voilà justement ce que veut faire Davide Enia, en nous décrivant des scènes bouleversantes à hauteur de femmes et d’hommes. Et notamment ces jeunes filles qui s’évanouissent, sous l’effet de la déshydratation, à peine ont-elles posé le pied sur la terre ferme : « Ces évanouissements survenaient en silence. Il y en eut un troisième, un quatrième et un cinquième. On installa les cinq jeunes filles dans l’ambulance. Cinq pierres tombèrent dans le lac de mon coeur, qui devait absorber cette douleur comme l’eau les engloutirait. » Parfois ils s’évanouissent tous, raconte Paola.

    « L’épaisseur de l’histoire individuelle »

    Les témoignages sont multiples, ils proviennent des médecins, des humanitaires, des habitants. Bien sûr, nous les avons déjà lus, nous avons déjà vu des images de Lampedusa, une île qui a accueilli jusqu’à 10 000 personnes alors qu’elle compte à peine 5 000 habitants. Mais là nous sommes loin des règlements européens et des prises de position. D. Enia s’efforce de nous rendre compte de cette lueur d’humanité qui peut toujours naître, à l’image de ce Kurde qui raconte une histoire drôle de son pays : l’histoire d’un Kurde mort qui pleure car il ne veut ni l’enfer ni le paradis et quand Dieu lui demande où il veut aller, il répond « En Allemagne ». « Avant, dit Paola, j’avais tendance à voir leurs souffrances, les corps amaigris, les bleus, les cicatrices, leur regard effrayé. Je les regardais du haut de mon piédestal, tu comprends ? D’une position qui, puisqu’on les aide, les rend redevables à jamais. Et cette histoire drôle m’a fait prendre conscience de l’épaisseur de l’histoire individuelle de chacun. Je ne pouvais pas comprendre la douleur des expériences qu’ils ont vécues, mais je réalisais tout à coup que c’était une erreur gigantesque de les traiter avec ce paternalisme absurde. Il n’y a pas que le désespoir. Il y a le besoin de réussir, de devenir meilleur, il y a les chansons et les jeux, l’envie de goûter certains plats ou de plaisanter avec les autres. »

    La lumière et la résistance

    Et puis je ne peux pas finir sans mentionner Beppe, l’oncle de Davide et le frère du « cardiologue photographe ». Beppe et Davide sont très proches et le neveu tente de réactiver le lien qui semble distendu entre son père et son oncle. C’est Beppe qui conseille à Davide de conclure son livre « avec la lumière et la résistance », faisant ainsi référence au double sens possible du mot Lampedusa : « Lampedusa, de lepas, l’écueil qui écorche, érodé par la fureur des éléments, et qui résiste et confirme sa présence dans la vastitude infinie du grand large. Ou bien Lampedusa de lampas, flambeau qui brille dans le noir, lumière qui défie l’obscurité. »

    Encore une lecture estampillée Les Arpenteurs.