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  • « Si peu » : elle l’aime mais il ne la voit pas

    « Si peu » : elle l’aime mais il ne la voit pas

    Si peu – Marco Lodoli – P.O.L. – 2024 – traduit de l’italien par Louise Boudonnat


    L’histoire d’un amour impossible entre une femme solitaire, concierge d’une école, et un jeune professeur lunaire qui connaîtra son heure de gloire comme auteur. Quand elle le voit pour la première fois, elle le prend d’abord pour un élève et en tombe amoureuse immédiatement. Il ne la voit pas ; elle l’aime en secret.

    Cette femme, dont on ne connait pas le prénom, est la narratrice d’une histoire d’amour ratée qui va durer 40 ans. Sa vie est triste, brutalisée par un viol, un avortement, une idylle sordide avec un élève. Elle raconte ses visions, celle d’un nain démoniaque comme surgi d’un cirque, celle du prix Nobel de littérature attribuée à Mattéo…Lui se marie, a des enfants, et tombe ensuite dans une sorte de déchéance. Un seul jour elle (gênant de ne pas pouvoir nommer un personnage) aura l’occasion de s’occuper de Mattéo alors qu’il est au plus mal.

    Si peu, est une fable triste. L’auteur, Marco Lodoli (que j’ai découvert lors du festival littéraire marseillais Oh les beaux jours!), considère que ces personnages sont deux archétypes : « Mattéo est dans le temps de la vie, la concierge est immobile, elle ne veut rien, c’est une personne très simple.  » Mattéo de son côté a des ambitions littéraires. Il cherche le succès et la lumière.

    « J’ai besoin d’histoires qui passent à travers des âmes pauvres », soutient l’écrivain italien qui avoue préférer les fables aux romans et à « leurs digressions sociologiques ou psychologiques ». Il raconte que Si peu est le plus autobiographique de ses livres. Pendant le confinement, quand il se rendait à l’école pour y chercher des documents, il y croisait la concierge qui lui offrait un café. Tous deux travaillaient dans la même école depuis 30 ans !

    C’est toujours un bonheur de découvrir un écrivain. Marco Lodoli reconnaît qu’aujourd’hui les écrivains sont « un peu différents de ceux d’avant« . Et Lodoli n’est pas un écrivain comme Mattéo.