Catégorie : Romans

  • Lionel Asbo, l’état de l’Angleterre

    de Martin Amis (Gallimard)

    Un bon romancier peut parfois se fourvoyer et c’est le cas. Seuls les bobos qui ne voient jamais la réalité peuvent s’exclamer que « ce livre décrit la situation d’une société gangrénée par l’argent, le culte des apparences, le bling-bling, etc. » En résumé, ce livre pourrait être sous-titré « les pauvres pour les nuls ».

  • Je suis une légende

    de Richard Matheson (Folio)

    Robert Neville est le seul survivant d’une catastrophe planétaire. Tous les autres humains se sont transformés en vampires.

    Le jour, la ville lui appartient : il fait ses courses, va chercher de l’essence et enfonce des pieux dans les coeurs des vampires. Mais dès que la nuit tombe, Robert se barricade chez lui et boit pour oublier les vociférations des vampires qui cernent sa maison et les glapissements lubriques des femmes qui veulent l’attirer à l’extérieur pour son sang frais.

    Un jour, Neuville n’est plus seul…il rencontre un chien qu’il mettra des jours à apprivoiser. Plus tard, il rencontre une femme qui, comme lui, peut sortir en pleine journée. Est-elle encore humaine ? Peut-il lui faire confiance ? Pour qui Neuville est-il une légende ?

    Ce livre dont un film (plusieurs ?) a été tiré, me procure toujours la même sensation de terreur. L’idée de pouvoir vivre « presque » normalement le jour et de devoir se terrer la nuit pour se défendre contre le reste de l’humanité (ou ce qu’il en reste) est délicieusement terrifiante.

    Lu en 2013

  • Bartleby le scribe

    Herman Melville (Gallimard)

    Une nouvelle très étonnante. Bartleby est un personnage mystérieux, sans passé et sans histoire, qui surgit dans la vie bien organisée d’une étude de notaire new-yorkaise, au coeur de Wall Street, au 19e siècle.

    Quelle que soit la demande qui lui est faite, pour le travail ou sur sa vie personnelle, Bartleby répond invariablement « je préférerais ne pas le faire »…(Les traductions varient et je crois que la vo est « I’d rather not »). Impossible de se débarrasser de Bartleby, sorte de SDF qui trouve un toit dans cette étude. Triste fin (mort de faim dans une prison) d’une triste vie.

    Bartleby est un personnage agaçant par son inertie et touchant par son innocence.

    Lu en 2005

  • Le nommé Jeudi

    sous-titre : Un cauchemar

    de Gilbert Keith Chesterton (Gallimard)

    G.K. Chesterton est un auteur anglais né en 1874 et mort en 1936. Il est notamment l’auteur de livres dont le héros est un prêtre détective, le Père Brown. Le nommé Jeudi est un livre déroutant, intrigant, entre la parabole et le roman picaresque (ou presque).

    Pour résumer (si c’est possible) : Syme est un policier infiltré dans un groupe anarchiste anglais (l’action se passe à Londres au début du 20e siècle) dont le conseil dirigeant est constitué de 7 membres portant chacun comme pseudonyme le nom d’un jour de la semaine. Le conseil est dirigé par Dimanche, personnage protéiforme caractérisé par sa taille et son embonpoint. Il apparaît tel un géant, un dieu…

    Syme découvre progressivement que chaque membre du conseil est, comme lui, un agent infiltré. Et, chaque fois, au terme de péripéties qui font penser aux épreuves subies par des héros de romans picaresques. Le clou du livre est une poursuite qui se termine en une mêlée gigantesque, dans la campagne puis dans les rues de Londres. On ne sait plus qui sont les anarchistes et qui sont les policiers. Avec Dimanche qui parcourt les rues de Londres à dos d’éléphant puis s’enfuit en ballon.

    Jusqu’au bout, on ne sait pas où veut nous emmener G.K. Chesterton. Puis les évidences s’imposent : les noms des membres du conseil sont une référence au Livre de la Genèse et le sous-titre du livre (Un cauchemar) laisse augurer de la chute de l’histoire.

    Lu en 2013