Auteur : isacosta2013

  • Et pendant ce temps, en Ukraine…

    Et pendant ce temps, en Ukraine…

    Andreï Kourkov – Notre guerre quotidienne – traduit de l’anglais par Johann Bihr et Odile Demande – Les éditions Noir sur Blanc – 327 pages.


    Notre guerre quotidienne est la suite de Journal d’une invasion (Noir sur Blanc) publié en 2023. Andréï Kourkov est un auteur ukrainien très connu notamment pour son roman Le Pingouin paru en 1996, et plus récemment pour Les Abeilles, qui a reçu le Prix Médicis étranger en 2022. Kourkov est un écrivain russophone né en 1961 et qui publie en anglais. Il a passé la moitié de sa vie en Union soviétique.

    A propos de Notre guerre quotidienne, A. Kourkov a précisé lors des interviews qui ont suivi la publication de ce récit : « C’est le journal d’un écrivain de fiction que se lance dans la non-fiction. La fiction c’est du plaisir, ce qui est impossible en temps de guerre. On a besoin de stabilité pour lire et écrire. « 

    Notre guerre quotidienne raconte le combat des Ukrainiens entre août 2022 et février 2024, depuis l’intérieur des villes. Que se passe-t-il quand le quotidien est bouleversé ? Comment vivent les Ukrainiens entre les bombardements, les difficultés d’approvisionnement, et les séparations des familles ? Kourkov raconte la guerre, parfois avec humour, parfois avec gravité.

    Dans ce deuxième volume d’une oeuvre qui en comprendra trois (un prochain livre est prévu) Kourkov évoque le cas des Ukrainiens russophones qui vivent en territoire occupé et à qui les Russes promettent la liberté s’ils renoncent à leur passeport ukrainien. Il est aussi question des personnes déplacées, de ceux qui ont quitté l’Ukraine et dont le pays aurait besoin. Des « recruteurs » sillonnent parfois les rues pour repérer ceux qui pourraient être enrôlés (à partir de l’âge de 25 ans). Selon l’Unric (United Nations Information Centres), 7 millions d’Ukrainiens ont quitté le pays depuis le début de l’agression russe en février 2022.
    Le président Zélensky apparaît peu. Kourkov aborde les problèmes de corruption qui sont régulièrement dénoncés. Il évoque aussi l’après-guerre : ceux qui sont partis vont-ils rentrer ? comment seront-ils accueillis ?

    En temps de guerre la vie continue. Cette volonté de vivre à tout prix se traduit, par exemple, lors de la fête d’Halloween. Dans un billet daté du 25 octobre 2022 et intitulé « Des pommes et des méduses : l’automne en Ukraine« , Karkov raconte : « Chose étrange, les horreurs de la guerre n’ont pas eu raison des horreurs fictives d’Halloween, une importation culturelle enracinée en Ukraine depuis la fin des années 1990 et devenue populaire chez les jeunes. (…) Et même maintenant que les médias ukrainiens sont remplis des visions d’horreur de la guerre, les têtes sanguinolentes, toiles d’araignée géantes et autres accessoires sont de retour dans certains magasins. » Les Ukrainiens ne perdent pas leur sens de l’humour car un nouvel accessoire d’Halloween a fait son apparition : le cercueil de Poutine !
    Les coupures d’électricité sont fréquentes et il ne vaut mieux pas se trouver chez le dentiste avec une rage de dents à ce moment là, comme le raconte une amie dentiste à l’auteur : un patient préférait qu’elle lui arrache une dent sans anesthésie et à la lumière d’une lampe de téléphone portable plutôt que continuer à souffrir !

    « Dans l’Ukraine d’aujourd’hui, il est plus important que jamais de ne pas tomber malade, car les hôpitaux sont surchargés de blessés et les civils ont beaucoup plus de mal à obtenir des soins médicaux de qualité. «  A. Kourkov décrit une campagne publique d’affichage qui invite les habitants à prendre soin de leur santé. « On y voit un ancien combattant de la guerre actuelle exhorter les Ukrainiens à arrêter de fumer ».

    Le livre est construit selon une succession de reportages et d’anecdotes. Il inclut des billets d’Andreï Kourkov parus dans le Financial Times et des discours prononcés par l’auteur notamment en février 2022 au festival international de la littérature en 2022 à Reykjavik.
    La lecture de ce témoignage est rythmée par le récit des bombardements, et le bruit des drones (iraniens précise toujours l’auteur). Kourkov combat l’idée que tout a commencé le 24 février 2022. Ce livre est d’ailleurs l’opportunité de réviser l’histoire de l’Ukraine et des relations avec l’URSS puis la Russie.

    En 2025 Notre guerre quotidienne a obtenu le Prix Transfuge du livre européen.

  • Terreurs adolescentes

    Terreurs adolescentes

    La Nuit Ravagée – Jean-Baptiste Del Amo – Gallimard – 459 p


    Au début de ma lecture j’ai pensé que La Nuit Ravagée risquait d’être une version horrifique de Leurs enfants après eux (de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018). Une petite ville de province dans les années 90, Saint-Auch en périphérie de Toulouse, un groupe d’adolescents forcément tourmentés (j’ai le défaut de me méfier de la littérature qui met en scène des ados). J’ai vite été détrompée. Tous les tourments de ces adolescents sont aspirés par la maison abandonnée de l’impasse des Ormes où une tragédie familiale s’est déroulée quelques années auparavant. Cette maison est un lieu où chacun vient rencontrer ses fantasmes et ses cauchemars, les combattre pour passer à un autre âge de la vie.

    Gare aux scolopendres !
    Alexandre, Maximilien, Thomas, Mehdi et Léna (qui arrive dans le groupe de garçons déjà constitué) font partie de la classe moyenne, avec quelques variantes vers le haut et vers le bas. L’auteur prend garde de ne pas nous infliger de poncifs sociologiques. Il fait glisser l’intrigue vers une histoire horrifique à la façon d’un Stephen King, avec des références clairement revendiquées vers les classiques du film d’horreur (Freddy and co). Dans cette veine, la scène finale dans laquelle les jeunes se battent, ensemble, pour éradiquer le Mal est exemplaire. Le Mal incarné par une scolopendre géante et meurtrière (et oui le mot est féminin…). Dans un article paru dans Lire (mars 2025) J. B. Del Amo raconte avoir découvert l’existence de cette créature lors d’un stage effectué chez un entomologiste, à l’adolescence : « Encore aujourd’hui c’est le seul animal qui me hérisse le poil », avoue-t-il.
    Pour info (et pour les amateurs), la scolopendre géante mesure 30 cm. Elle appartient à la catégorie des arthropodes et non des insectes !

    « Les histoires intimes de chacun vont littéralement donner forme aux éléments horrifiques. Je voulais que le texte dégage une sorte de mélancolie et que le fantastique vienne peu à peu s’immiscer dans la réalité des personnages, pour que le lecteur fasse aussi l’expérience d’un basculement progressif dans l’horreur.  » C’est réussi.

    Du même auteur j’avais lu Le fils de l’homme (2021), un livre dans lequel la peur – celle qu’un homme inspire à sa femme et son fils – pulse à chaque page.
    Un enfant de 9 ans qui vit seul avec sa mère, voit son père resurgir dans leur vie après 6 ans d’absence . Un des mot-clé de ce livre, selon l’auteur, est la transmission de la violence d’un père à son fils. Le Fils de l’homme baigne dans une ambiance de huis-clos entre trois personnages, avec la montagne pour témoin. Glaçant.

  • Compostelle : l’art de raconter son Chemin

    Compostelle : l’art de raconter son Chemin

    Jean-Christophe Rufin – Immortelle Randonnée, Compostelle malgré moi – Folio – 273 p.


    Alix de Saint-André – En avant, route ! – Folio – 349 p.


    En mars 2025, une amie m’a proposé de parcourir avec elle, à pied, pendant 6 jours, le chemin portugais (camino Portuguèse) qui mène à Santiago (Saint-Jacques de Compostelle). Avant de partir j’ai lu Immortelle randonnée de J.Ch. Rufin et, quelques semaines après mon retour, En avant, route ! dans lequel A. de Saint-André raconte ses « 3 chemins ». Point commun entre ces deux auteurs et nous : nous avons accompli une partie de notre périple en Galice (Espagne). C’est tout. Deux lectures que je recommande aux futurs pèlerins pour leurs bons conseils pratiques et spirituels. Au programme : pieds gonflés, dortoirs bruyants, et l’art d’alléger son sac à dos et… son âme !

    « On part pour Saint-Jacques avec l’idée de liberté et bientôt on se retourne parmi les autres, un simple bagnard de Compostelle. Sale, épuisé, contraint de porter sa charge par tous les temps, le forçat du chemin connaît les joies de la fraternité, à l’image des prisonniers. » Une entrée en matière, qu’on peut trouver décourageante, tirée d’Immortelle randonnée mais fidèle à l’expérience de l’auteur, parti sac et tente sur le dos et qui recherchait plutôt la solitude. J.Ch. Rufin a parcouru 800 kms depuis Hendaye (64), sur le Camino del Norte, réputé le moins fréquenté.
    Selon Jean-Christophe Rufin, confirmé par de nombreux témoignages, ce n’est pas le point d’arrivée qui compte mais le point de départ. Il est fréquent qu’on s’interroge entre marcheurs par cette question : d’où es-tu parti ? Choisir Le Puy-en-Velay (43) ou Vézelay (89) comme points de départ vous classe en effet dans le top des pèlerins.

    Pourquoi ?
    Telle est la question qu’on vous pose fréquemment quand vous évoquez votre randonnée vers Compostelle : « Comment expliquer, à ceux qui ne l’ont pas vécu, que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s’engager. A la confusion et à la multitude des pensées qui ont poussé à prendre la route, il substitue la simple évidence de la marche. On est parti, voilà tout. « 
    Pour Rufin, le Chemin est une véritable expérience du dépouillement, l’occasion de réfléchir sur ce que l’on porte (aussi sur son dos) et sur son rôle. Au fur et à mesure les marcheurs enlèvent les affaires inutiles de leur sac à dos, et parfois de leur vie. A force de marcher, le pèlerin se retrouve dans une sorte d’état second qui, selon Rufin, le place dans un état de réceptivité spirituelle (et de souffrance des pieds), qui s’exprime selon les croyances de chacun.
    Dans une interview (août 2014), J. C. Rufin utilise une jolie expression pour qualifier son expérience de Compostelle. Il parle d’une « vaccination contre la futilité » qui nécessite des rappels car on est vite repris par la vie. « L’effet du chemin n’est pas absolu« .

    On n’est jamais seul sur le Camino
    Alix de Saint-André ne connaissait rien au Chemin. Elle démarre avec l’étape réputée la plus difficile malgré sa distance : 27 km de Saint-Jean-Pied-de-Port (64) à Roncevaux (Espagne).
    Les rencontres avec d’autres pèlerins font partie des charmes du Chemin, et le récit d’Aix de Saint André privilégie cet aspect. Lors de son troisième pèlerinage, elle s’agrège à un groupe de 7 marcheurs, hommes venus de tous les horizons, qu’elle appelle « mes maris ». Elle est la reine des soins de pieds, une compétence très appréciée sur le Chemin.
    Son premier Chemin est l’occasion d’arrêter la cigarette (depuis elle a repris : pas de miracle vers Compostelle). Elle y rencontre une jeune brésilienne, Raquel, avec qui elle chemine un moment. Raquel l’agace autant qu’elle l’émeut. Cette rencontre l’a aidée car Raquel est une marcheuse « aussi nulle » qu’elle. Alix de Saint-André décrit avec brio et humour l’ambiance des dortoirs et des réfectoires.
    « On part pour son âme et on découvre un corps« . Tous les pèlerins ont mal quelque part, soutient Alix de Saint-André.
    En avant, route ! (expression tirée du poème d’Arthur Rimbaud, Démocratie, dans les Illuminations). est un récit drôle et profond. Pour Alix de Saint-André, c’est une expérience qui permet de vivre selon des valeurs spirituelles, un espace où rien ne coûte cher. Progressivement, on apprend la frugalité sur le Chemin, on rencontre la pauvreté et aussi…celle des ses pensées.
    J’ai savouré le passage où elle raconte sa rencontre avec un pèlerin accompagné d’un âne capricieux. Fille d’un militaire, cadre de Saumur, Alix de Saint-André croyait tout savoir sur les équidés ! Elle a trouvé son maître. Un passage qui évoque, évidemment, le récit de Stevenson Voyage avec un âne dans les Cévennes. On se demande pourquoi les ânes sont assimilés à la bêtise alors qu’ils ont l’air plutôt malins pour embêter les hommes.

    A lire avant ou après le départ ?

    Le récit de Rufin – que j’ai lu avant de partir – m’avait un peu effrayée mais pas dissuadée. Il y décrit des étapes difficiles, pluvieuses, et parfois ennuyeuses. Il est vrai que le Chemin vous fait traverser des noeuds routiers, frôler des autoroutes et enjamber des glissières le long des nationales : des exploits dont on se passerait bien.
    Chez Alix de Saint-André, j’ai apprécié la description de l’ambiance du Chemin (moins virile que son collègue Rufin) et l’expression de ses faiblesses. Et puis elle donne de bons conseils sur la façon d’alléger son sac à dos, de manger et de lutter contres les ampoules aux pieds.

    Conclusion de ces deux lectures : il manque à mon expérience quelques kilomètres supplémentaires (nous en avons accompli environ 140), de la pluie (6 jours de soleil), l’épreuve du dortoir avec ronflements et pieds qui puent (hébergées dans une chambre pour deux) !

  • Intelligence inhumaine ou intelligence artificielle ?

    Intelligence inhumaine ou intelligence artificielle ?

    MANIAC de Benjamin Labatut – Roman – traduit de l’anglais par David Fauquemberg – Grasset


    Connaissez-vous Paul Ehrenfest, John von Neumann, Lee Sedol ? Les deux premiers sont des scientifiques qui ont pressenti et/ou contribué à l’émergence d’une nouvelle forme d’intelligence ? Le troisième est celui qui s’est confronté à l’intelligence artificielle.

    Pour reprendre les mots de Benjamin Labatut, MANIAC est un livre qui parle de l’intelligence humaine et de l’intelligence artificielle. Tout simplement. « Il parle surtout des délires de la raison, des illusions perdues et de l’intelligence artificielle. Et des choses que la logique peut montrer sur notre humanité. « 

    « L’étrange rationalité nouvelle »
    La première partie est centrée sur Paul Ehrenfest (1880-1933), physicien autrichien, ami d’Albert Einstein, « un homme profondément curieux qui voulait atteindre le coeur des choses« . P. Ehrenfest est l’incarnation du savant humaniste et qui a pressenti les conséquences effrayantes des « nouvelles idées de la physique ». B. Lebatut le décrit comme un homme  » submergé par un sentiment d’impuissance face à l’étrange rationalité nouvelle qui commençait à se profiler autour d’eux, cette forme d’intelligence profondément inhumaine, tout à fait indifférente aux besoins les plus fondamentaux de l’humanité.  » Désespéré par sa situation personnelle et par la montée du nazisme en Europe, P. Ehrenfest se suicide en 1933, après avoir tué son jeune fils lourdement handicapé.

    Le prophète du XXIe siècle ?

    La partie la plus longue du livre est construite autour de John von Neumann (1903-1957), mathématicien et physicien né en Hongrie, puis réfugié aux USA où il prend la nationalité américaine. J. von Neumann est « raconté » par des personnes qui l’ont côtoyé : sa femme, ses collègues, son frère, ses professeurs, etc.
    B. Lebatut le présente comme l’un des hommes les plus intelligents du XXe siècle, un scientifique éloigné de l’humanisme d’Ehrenfest. « Une sorte de prophète du XXIe siècle, décrit B. Lebatut, parce qu’on vit vraiment à l’intérieur de beaucoup de ses créations qu’on le veuille ou non, on vit dans le monde de J. von Neumann. Un homme dont la capacité intellectuelle n’avait pas de limites, responsable de certaines des idées les plus dangereuses mais aussi des plus excitantes. […]Je crois que la raison pour laquelle la réalité devient un cauchemar est sans doute due aux idées de Joseph von Neumann. »
    Pour sa femme Klara Dan, J. von Neumann était un homme « brillant mais puéril, perspicace mais incroyablement superficiel. » Elle affirme que ce sont les USA « qui ont fait ressortir le pire en lui. »
    Avec d’autres scientifiques J. von Neumann a contribué au projet Manhattan lancé en 1942 par les Américains pour développer la bombe atomique, « les grandes technologies de la mort » déplorait Albert Einstein. (Voir le film réalisé par Christopher Nolan en 2023).
    « L’individu qui avait donné le jour à l’ordinateur moderne, jeté les bases mathématiques de la mécanique quantique, écrit les équations ayant mené à l’implosion de la bombe atomique, conçu la théorie des jeux et du comportement économique, annoncé l’avènement de la vie numérique, des machines auto-réplicatives, de l’intelligence artificielle […]« 
    J. von Neumann a aussi perfectionné un énorme calculateur, l’ENIAC (Electronical Numerical Integrator and Computer) un « engin » de 100 m de long, 3 m de haut, 1 m de large et pesant plus de 10 tonnes, pour le transformer en MANIAC (Mathematica Analyser Numerical Integrator et Computer), « le modèle de l’ordinateur moderne, l’ADN de l’univers numérique tout entier » selon John Bigelow (1913-2003), un pionnier de l’informatique. Le MANIAC a aussi été utilisé pour la fabrication de la bombe à hydrogène.
    John von Neumann meurt à 53 ans d’un cancer, après une longue et douloureuse agonie. Le MANIAC a été débranché un an plus tard par Julian Bigelow.

    « Ma défaite n’est pas la défaite de l’humanité »

    La troisième partie est consacrée à Lee Sedol, un joueur de go coréen qui, en 2017, a disputé une partie d’anthologie contre AlphaGo une intelligence artificielle développée par Deepmind et la première machine capable de battre un joueur professionnel. « Quand les futurs historiens se pencheront sur notre époque et s’efforceront de localiser la première lueur d’une authentique intelligence artificielle, ils la trouveront peut-être dans un coup de la deuxième manche, opposant Lee Sedol à AlphaGo, disputée le 10 amas 2017, le 37e. Jamais un ordinateur n’avait fait une chose pareille. » La « machine » a en effet tendu un piège à Seedol au cours d’une partie pleine de rebondissements où elle se comportait parfois comme un être humain déboussolé. Lee Sedol a commenté ainsi ce match légendaire : « Le go est un jeu où l’on s’amuse qu’on soit amateur ou professionnel. Le plaisir est l’essence du jeu de go. Et Alpha Go est très fort, mais ne peut connaître cette essence. Ma défaite n’est pas la défaite de l’humanité. Je crois que ces parties ont clairement révélé mes propres faiblesses, pas celles de l’humanité.« 

    Pourquoi il faut lire MANIAC ?
    – parce qu’il est gorgé d’informations passionnantes sur l’histoire de la science au XXe siècle,
    – parce qu’il se lit comme un roman et que l’auteur affirme une véritable ambition littéraire,
    – parce qu’on aime les génies tourmentés,
    – parce qu’il propose une réflexion profonde sur l’intelligence humaine à l’heure où on ne parle que de l’intelligence artificielle.

    Benjamin Labatut est un auteur chilien, âgé de 45 ans. Il est né à Rotterdam. Il a vécu à La Haye, à Buenos Aires et habite aujourd’hui à Santiago du Chili. Il a écrit 5 livres dont 2 traduits en français (Lumières aveugles, est un un des plus connus). Selon son éditeur dans les livres de Labatut « la littérature rencontre toujours l’histoire des sciences ».