Étiquette : Simon Leys

  • Le bonheur des petits poissons

    de Simon Leys, (JC Lattès)

    Un très joli nom pour un très joli livre et un vrai bonheur pour le lecteur.

    Il s’agit d’un recueil de chroniques parues dans Le Magazine Littéraire.

    Tout est dans cette citation de Schopenhauer, reproduite page 47 dans un chapitre intitulé « A bâtons rompus » :

    « Sur la saine façon de fréquenter les livres, Schopenhauer a fait des observations qui demeurent d’une pertinence troublante : « L’art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s’intéresser à tout ce qui attire l’attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d’un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire de bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est courte. Seul celui qui tire ses écrits directement de son cerveau mérite d’être lu. »

     

    Les petits poissons sont-ils heureux ?…tout est une question de point de vue. (extrait)

    « Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promènent sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa : « Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres : comme ils sont heureux ! » Hui Zi objecta : « Vous n’êtes pas un poisson ; d’où tenez-vous que les poissons sont heureux ? – Vous n’êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? – Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais, comme vous n’êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux. – Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, « quand vous m’avez demandé « d’où tenez-vous que les poissons sont heureux » la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d’où je le sais – eh bien je le sais du haut du pont. »

    Lu en 2007

  • Quand vous viendrez me voir aux antipodes

    de Simon Leys / Lettre à Pierre Boncenne (Philippe Rey)

    Déjà, quel titre ! Tout un voyage…Après la mort de Simon Leys (en août 2014), son ami Pierre Boncenne (journaliste et écrivain), a publié des extraits de leur correspondance sous forme d’abécédaire. Un délice ! De toutes façons, c’est toujours un délice de lire (et relire) du Simon Leys. Et puis, cet amour de la littérature, cette érudition formidable ! Grâce à Simon Leys, j’ai découvert Chesterton.

    Je suis inconsolable de l’avoir découvert tardivement dans ma vie de lectrice.

    Lu en 2005

  • Le studio de l’inutilité

    Simon Leys (Flammarion)

    Simon Leys m’enchante autant qu’Enrique Vila-Matas. J’adore ces livres qui parlent de littérature et d’auteurs. S. Leys parle évidemment de Chine dont il est un spécialiste.

    Incroyable personne qui, née belge, a vécu en Chine et maintenant en Australie. Il est en quelque sorte de nulle part : la littérature semble son pays.

    Incroyable cette histoire arrivée aux jumeaux de S. Leys : ils se retrouvent apatrides à cause d’une bourde de l’administration belge !

    Michaux, Orwell, Chesterton, S. Weil, Le Prince de Ligne…voilà les auteurs dont S. Leys nous parle. Aucun ne m’est familier mais j’ai la chance d’avoir une grande bibliothèque et d’y avoir trouvé du Michaux et même un un livre de G.K. Chesterton (La clairvoyance du Père Brown) que j’avais sauvé de la bibliothèque de mon amie Gene, un jour de grand ménage…

    J’ai eu une vraie révélation en lisant 1984 de G. Orwell et j’ai découvert un auteur à la personnalité admirable.

    Ce que j’aime dans un livre comme Le studio de l’inutilité, c’est l’intelligence et le don que nous fait S. Leys de ses pensées subtiles. Et voilà un moment que j’apprécie : quand j’enchaîne les lectures à la suite, par associations de livres. Ici, le lien se fait naturellement en suivant les suggestions de S. Leys.

    Lu en 2012